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Les cocotiers de la France de Jean-Christophe GAY

Le syndrome hollandais est un phénomène économique qui relie exploitation de ressources naturelles et déclin de l'industrie manufacturière locale. Le terme apparaît pendant les années 1960 quand les revenus commerciaux des Pays-Bas ont considérablement augmenté à la suite de la découverte de grands gisements de gaz dans la province de Groningue, puis dans le reste du pays et en mer du Nord. Mais l'accroissement des recettes d'exportations, a conduit à une appréciation de la devise hollandaise, ce qui a nui à la compétitivité-prix des exportations non-gazières du pays. Le phénomène peut être comparé avec toute surévaluation du taux de change liée à une entrée massive de devises. Cette spécialisation sur la rente détruit l'économie. L'Outre-mer français en est l'exemple frappant. Les transferts financiers de la Métropole aux ménages et aux administrations augmentent les coûts et on ne peut plus exporter car nos prix sont trop élevés par rapport à la concurrence sur le marché mondial. Cela tue l'économie privée et pousse à devenir fonctionnaire plutôt qu'entrepreneur. « Etre femme de ménage dans un lycée rapporte plus que dans un hôtel » (p. 32).

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La crise de trop de Frédéric LORDON

Le livre de Frédéric Lordon, directeur de recherches au CNRS, « La crise de trop ; reconstruction d’un monde failli » est un des nombreux livres sur la crise. Il est paru en mai 2009 aux Editions Fayard (19 €) et n’est si facile à lire. Il est sans doute un peu brouillon, plein d’anglicismes et pas toujours bien écrit, mais il est original et clairvoyant. Il mérite qu’on s’y arrête un instant.

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Le quai de Ouistreham par Florence AUBENAS

« La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l’impression d’un monde en train de s’écrouler. Et pourtant autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J’ai décidé de partir dans une ville française où je n’ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail. J’ai loué une chambre meublée ». Ainsi commence le reportage de Florence Aubenas, journaliste à Libération et au Nouvel Observateur, grand reporter, otage en Irak en 2005 (Le quai de Ouistreham, Editions de l’Olivier, 19 €, 2010). Sa visite à Caen, et au quai de Ouistreham où accostent les ferries qu’il faut nettoyer (p. 109), est une rencontre du monde « des invisibles » (p. 201), les précaires, les sans statut où même un CDI est un luxe inaccessible, les victimes de tous, de tout et, de surcroît, de la crise.

Ce reportage de 6 mois est fait d’une succession de portraits et d’histoires de galère, dans une ville qui fut une citadelle ouvrière. On retranscrira ici l’atmosphère émouvante du récit par une succession d’anecdotes.

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Pour en finir avec les conflits d’intérêts de Martin HIRSCH

Le livre de Martin HIRSCH, collection Parti pris, Stock, qui vient de paraître en octobre 2010 (12 €), a suscité la polémique. Lui, l’ancien secrétaire d’Etat, pardon Haut-commissaire aux solidarités actives, crachait dans la soupe en dénonçant ses collègues. La question était ultra sensible en pleine affaire WORTH ! C’est vraiment un faux procès qu’on lui fait et ce livre de 150 pages est passionnant par les révélations qu’il livre comme par les enseignements qu’il en tire. La France a un sérieux problème avec les conflits d’intérêts. On y considère que la loi n’est pas nécessaire (une fois n’est pas coutume) et que l’honnêteté des responsables suffit. Les Anglo-saxons ont parfois mieux résolu la question que nous. On se reportera par exemple à la Crime and Misconduct Commission de l’Etat du Queensland australien en suivant le lien :

http://larje.univ-nc.nc/index.php?option=com_content&view=article&id=112:comment-lutter-contre-la-corruption-&catid=14&Itemid=48

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Une juge à abattre

Le livre d’Isabelle PREVOST-DESPREZ (Fayard 2010, 16 €), longtemps juge d’instruction au pôle financier de Paris, n’est pas un énième essai sur la justice aujourd’hui.  C’est un pamphlet sévère.

Tout commence par une confession : comment et pourquoi suis-je devenue juge ? Née au sein du bassin minier du Nord, dans un milieu aisé et catholique, fréquentant l’école publique, confrontée aux différences sociales, elle a su très tôt qu’elle voulait être juge. Elle s’émancipe à l’ENM, puis au Parquet de Lille comme substitut. En septembre 1992, elle est nommée juge d’instruction à Paris. Son histoire se confond alors avec celle de la justice. Une pièce en trois actes : émancipation, défiance, enterrement.

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Tous ruinés dans 10 ans ?

L’ouvrage de Jacques Attali au titre provocateur, publié chez Fayard en 2010 (15,90 €), suit la loi de la série. Il comprend deux volets : l’un d’ordre historique (qui nous emmène jusque la page 137/224) qui raconte l’histoire politique de la dette publique. Ce que l’on en retiendra, c’est le nombre des défauts de paiement souverains. La France, pour sa part, a déjà fait défaut 8 fois (p. 131). L’autre nous offre une analyse, et le fait est plus rare, des pistes de solution.

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Philosophie en séries

Les grandes séries sont aujourd’hui les programmes les plus regardés de la télévision. Ce succès ne tient pas qu’à leurs qualités de divertissement. Ces séries mettent en scène les grandes questions de l’existence. On peut les regarder avec intelligence pour philosopher autrement.

Par la spécialisation des études, nous perdons progressivement la compréhension globale de la société. Il faut être à la fois juriste, économiste, sociologue, linguiste, scientifique et philosophe pour en saisir les vrais rouages.

Tout citoyen, et particulièrement tout juriste, sera nécessairement confronté un jour à de grandes interrogations, morales ou politiques : la fin justifie t-elle les moyens ? Tel est le regard de 24h chrono. Kant définissait la bonne action par son intention. Jack Bauer est au contraire un utilitariste obstiné, pour qui seul compte le résultat, la survie du plus grand nombre (de citoyens américain toutefois). Mais il ressemble trop à ses ennemis et nie les valeurs qu’il prétend défendre. Ce sont des choix de l’existence.

Prison break pose la question de la liberté. La liberté absolue n’est qu’une illusion, tant pèsent diverses déterminations sur l’action de chacun. Descartes voyait dans la liberté le pouvoir d’arbitrer entre deux options. Entre la liberté du dehors et celle de la prison de Fox river, c’est une question de degré. Le véritable enjeu de la liberté est alors, non pas de faire ce que l’on veut, mais de subir la contrainte inévitable en comprenant les codes pour agir et choisir. Scotfield n’a pas cessé d’être un homme libre, parce qu’au fond de sa prison, il cause des événements, puissance indubitable de sa liberté.

Le Dr House est un Sherlock Holmes hospitalier (musicien, accroc dépendant et grand observateur). Il cherche la vérité. Celle-ci n’est jamais donnée. Elle n’est pas une évidence. Gaston Bachelard le résumait avec ces mots : « rien ne va de soi ; rien n’est donné ; tout se construit ». Greg House nous offre, face au patient, le raisonnement expérimental : observation, construction de l’hypothèse, expérimentation, au travers du raisonnement dialectique cher à Socrate : susciter des réponses, organiser la réfutation au profit de la vérité absolue qui brise toujours le consensus.

Les experts, qu’ils soient de New York ou de Miami, recherchent la preuve. La science peut-elle tout démontrer ? Elle est mise au service d’un implacable raisonnement démonstratif, sur le modèle syllogistique. C’est le célèbre exemple d’Aristote (qu’aucun expert en blouse blanche n’a lu) : «  prémisse majeure : Tous les hommes sont mortels ; prémisse mineure : Or Socrate est un homme ; conclusion : Donc Socrate est mortel ». Les éclats de verre d’une fenêtre cassée de l’intérieur présentent des stries vers l’intérieur. Or, les éclats de verre ramassés sont tournés vers l’intérieur. Donc, le frère de la victime, qui était à l’intérieur, ment. C’est rassurant pour le citoyen, mais faux. Popper disait que l’expérience peut démontrer la fausseté d’un jugement, mais elle ne peut pas prouver sa vérité. Il peut y avoir bien d’autres raisons. Les experts peuvent éliminer les hypothèses fausses, mais toujours un doute subsistera.

Le pénaliste s’intéressera à Dexter Morgan. Ce serial killer qui tue les criminels est-il un justicier ? C’est le conflit entre légalité et légitimité. Bien qu’il ne respecte pas la loi, Dexter respecte l’idéal d’égalité de la justice. Il serait un justicier. Mais rendre justice, est-ce rendre la pareille ? Ne serait-ce que la loi du talion ? Cette loi a été un progrès parce qu’on convertissait la souffrance en quantités évaluables égales. C’était, selon Lévinas, une loi de justice qui distingue la punition de la vengeance. Mais Dexter se heurte à l’impossibilité de réparer. L’exécution du meurtrier ne répare en rien le crime. La justice doit savoir acter de cette égalité impossible et hésiter entre réparer et corriger. Dexter n’hésite jamais, il est un meurtrier.

On s’interrogera aussi sur le bonheur à Wisteria Lane (Desperate Houseswives) ou l’absurdité de l’existence avec Six Feet Under. Et bien d’autres…

Ce petit opuscule passionnant par la réflexion qu’il suscite, « Philosophie en séries » écrit par Thibaut de Saint Maurice,  est  édité chez Ellipses 2009 (11 €).

L’aide fatale

Ce livre de Dambisa MOYO, Zambienne diplômée en économie de Oxford et de Harvard, est sous-titré : « les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique ». Voilà très explicitement son objet.

Pourquoi la majorité des pays d’Afrique noire se débattent-ils dans un cycle sans fin de corruption, de maladies, de pauvreté et de dépendance, alors qu’ils ont reçu plus de 300 milliards de US$ au titre de l’assistance au développement depuis 1970 ? Malgré la conviction largement répandue en Occident de sa nécessité, la réalité est que l’aide contribue à appauvrir les pauvres et à retarder la croissance. Bref, l’aide est la maladie et pas le traitement !

L’aide ne marche pas : voici pourquoi

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La peur du déclassement

Ce livre d’Eric MAURIN, « la peur du déclassement ; une sociologie des récessions », publié en octobre 2009 au Seuil, collection la République des idées, s’intéresse à un phénomène de rupture qui conduit un individu à perdre sa position sociale. Salariés encore hier protégés par un CDI et qui viennent d’être licenciés, jeunes sortant du système scolaire et n’ayant comme horizon que des petits boulots,  fonctionnaires déstabilisés par les réformes de leurs statuts ou de leurs retraites, le déclassement est une réalité sensible. Mais il doit être distingué d’un phénomène encore plus décisif : la peur du déclassement.

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Institutions et coutumes kanak

Le livre d’Eric Rau, qui fut juge de paix à Thio à partir de 1933,  «Institutions et coutumes canaques» date, pour sa première version, de 1938. Et pourtant, son contenu est très actuel si on souhaite connaître très concrètement l’organisation de la société kanak et la coutume.

Edité par l’Harmattan en 2005 (20€), dans la collection «Fac-similés océaniens» dirigée par Frédéric Angleviel, longuement préfacé par Régis Lafargue, magistrat à la Cour de Cassation, l’ouvrage compte réellement parmi ceux qui peuvent être lus aujourd’hui.

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Les journalistes français sont-ils si mauvais ?

François Dufour a publié, dans la collection «à dire vrai» dirigée par Jacques Marseille (Larousse 2009),  un ouvrage concis au titre provocateur «Les journalistes français sont-ils si mauvais ?». Le titre n’est pas dirigé spécifiquement contre les journalistes, mais est conforme au style de la collection («Faut-il abandonner la Corse ?»,  «La France doit-elle quitter l’Europe ?», «A quoi servent les députés ?», etc.).

L’auteur, lui-même journaliste, passe au crible de la Charte des devoirs des journalistes français (1918) et de Déclaration des droits et des devoirs des journalistes (1971),  les comportements les plus récurrents. Et la leçon est instructive !

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