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La hausse des prix du marché foncier agricole

L’analyse présentée dans le mémoire de Claire ROQUET, de Sup Agro Montpellier et étudiante en accueil au LARJE et encadrée par Isabelle DAURIAC en 2013, rappelle qu’une période exceptionnelle a animé le marché foncier calédonien. Les transactions se sont enchaînées et les prix ont augmenté de façon exponentielle. On retrouve les causes générales déjà décrites ici (Cahier du LARJE n° 2013-1, Urbanisme et immobilier, à télécharger sur ce site) auxquelles s’ajoutent les causes spécifiques au Sud calédonien avec l’attraction de la capitale qui attire plus de la moitié de la population calédonienne et crée une urbanisation intensive de sa périphérie. Ce développement urbain n’a pas été anticipé par les communes. Les terres agricoles s’échangent sur le marché sans que l’usage futur soit pris en considération, ce qui rend impossible l’installation des générations nouvelles non dotées d’un héritage familial. Même si l’étude souligne les causes multiples du déclin agricole, la Nouvelle-Calédonie étant beaucoup moins auto-suffisante que par le passé et l’importation étant en hausse continue, le vieillissement, la nécessité de trouver des ressources pour la retraite, l’absence d’installation des jeunes, la difficulté à trouver de la main d’œuvre qualifiée par la concurrence de la mine, sont des causes qui interférent fortement sur le foncier agricole.

 

 

L’idée majeure préconisée est de différencier le foncier agricole des terres urbanisables afin que les règles de marché qui lui soient appliquées en assurent sa pérennité. Ce premier pas vers une politique publique foncière à l’échelle du pays, prenant en compte les attentes du secteur agricole, consisterait à définir les principes directeurs du foncier agricole au niveau du pays ; à prendre en compte un minimum de foncier agricole dans le zonage des PUD ; à appliquer des sanctions en cas de non respect ; à créer un service foncier (en réformant prioritairement l’ADRAF et en complétant sa mission) pour faciliter l’accès au foncier agricole pour les jeunes agriculteurs (par la location ou la pleine propriété) et aider à la gestion du patrimoine des exploitants souhaitant sortir de l’exploitation et prendre leur retraite.

Avec ce zonage, la vente est limitée à des agriculteurs. Lorsqu’un exploitant arrivera à la retraite soit il revend à sa succession, à des repreneurs agriculteurs ou alors à un organisme foncier compétent. Ainsi, si la personne rencontre des difficultés pour trouver un repreneur, le service foncier interviendra et achètera le bien ou facilitera sa vente.

L’étude note les efforts des communes de Dumbéa et du Mont-Dore pour protéger le foncier agricole, à la différence de la commune de Païta qui n’a pas encore de PUD et qui laisse le champ libre à l’initiative privée (p. 56).

C’est à ce prix qu’on conservera une agriculture calédonienne, dont la présence est nécessaire à la diversification économique de la Nouvelle-Calédonie.

 

Le mémoire de Claire ROQUET est disponible ici : Foncier agricole Roquet 2013

 

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